RÉGLEMENTATION
La CSRD ne demande pas un audit exceptionnel. Elle demande une donnée intégrée, structurée et disponible chaque année. Le digital est dedans. La plupart des entreprises ne sont pas prêtes.
9 min de lecture
La Corporate Sustainability Reporting Directive est une directive européenne qui remplace et élargit la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière) française. Elle est entrée en application progressivement à partir de l'exercice 2024.
Son objectif : standardiser et rendre comparable le reporting de durabilité des entreprises européennes. Elle s'appuie sur les standards ESRS (European Sustainability Reporting Standards), qui définissent précisément ce qui doit être mesuré, comment, et selon quelle granularité.
Trois différences majeures avec la DPEF qu'elle remplace. D'abord, le périmètre est plus large : plus d'entreprises sont concernées, avec un calendrier d'extension progressive. Ensuite, les exigences sont plus précises : les indicateurs sont normés, pas librement définis par chaque entreprise. Enfin, le reporting est soumis à vérification externe : un auditeur indépendant doit attester de la fiabilité des informations publiées.
La CSRD n'est pas un label volontaire. C'est une obligation légale avec vérification externe. Les données doivent être fiables, traçables et reproductibles.
Le Scope 3 couvre toutes les émissions indirectes liées à l'activité d'une entreprise, tout ce qui n'est ni ses propres installations (Scope 1) ni son électricité (Scope 2). Il est organisé en 15 catégories selon le GHG Protocol.
Les activités digitales d'une entreprise entrent dans plusieurs de ces catégories.
La catégorie 1 (achats de biens et services) couvre les achats de services numériques : publicité digitale achetée auprès de plateformes ou d'agences, hébergement web, SaaS, infrastructure cloud. Si votre entreprise achète de la publicité sur Google ou Meta, ces émissions sont dans votre Scope 3 catégorie 1.
La catégorie 11 (utilisation des produits vendus) concerne les entreprises dont les produits génèrent eux-mêmes des usages numériques chez leurs clients : applications mobiles, services en ligne, contenus streamés. Selon votre secteur, cette catégorie peut représenter une part significative de votre empreinte totale.
La catégorie 9 (transport aval) peut inclure les livraisons pilotées par des systèmes digitaux. La catégorie 8 (actifs loués en amont) peut couvrir certaines infrastructures numériques louées.
Concrètement, pour une organisation avec une activité marketing et digitale active, voici les postes à inclure dans le reporting CSRD.
Tous les achats de publicité en ligne : search, display, social, vidéo, programmatic, emailing. Le critère est simple : si vous achetez un service numérique à un prestataire ou une plateforme, les émissions associées sont dans votre Scope 3.
L'hébergement de votre site web, de vos applications et de vos outils digitaux. Les émissions liées à l'utilisation de vos services numériques par vos clients ou utilisateurs peuvent relever de la catégorie 11.
Vos abonnements aux outils SaaS (CRM, outils marketing, plateformes analytics), vos contrats d'hébergement cloud (AWS, Google Cloud, Azure). Ces fournisseurs publient des bilans carbone, mais rarement au niveau de votre usage spécifique.
Les envois d'emails via des plateformes tierces (Mailchimp, Brevo, Salesforce Marketing Cloud...), le stockage des bases de données, les serveurs de réception.
Si vous achetez un service numérique à un tiers, les émissions de ce service sont dans votre Scope 3. Ce n'est pas optionnel dans la CSRD : c'est le coeur du reporting.
La CSRD s'applique progressivement en quatre vagues.
| Vague | Entreprises concernées | Premier exercice | Premier rapport |
|---|---|---|---|
| 1 | Grandes entreprises cotées > 500 salariés (EIP) | 2024 | 2025 |
| 2 | Grandes entreprises > 250 salariés OU > 40M€ CA OU > 20M€ bilan | 2025 | 2026 |
| 3 | PME cotées sur marchés réglementés | 2026 | 2027 |
| 4 | Filiales européennes de groupes non-UE | 2028 | 2029 |
Ce que ces dates signifient concrètement : si votre entreprise entre dans la vague 2, vous devez collecter les données de l'exercice 2025, donc mettre en place la collecte dès le début de 2025, pas à la fin. Le rapport est publié en 2026 mais les données sont produites tout au long de 2025.
Cas particulier des PME non cotées : elles ne sont pas directement soumises à la CSRD. Mais elles le sont indirectement : leurs clients grandes entreprises vont leur demander des données pour alimenter leur propre reporting Scope 3. Cette pression en cascade est déjà à l'oeuvre.
La double matérialité est l'un des concepts centraux de la CSRD. Elle impose d'analyser les enjeux de durabilité sous deux angles.
La matérialité d'impact : quels sont les effets de votre activité sur l'environnement et la société ? Pour le marketing digital, cela inclut les émissions CO₂ des campagnes, la consommation énergétique de l'infrastructure, l'impact sur les comportements de consommation.
La matérialité financière : comment les enjeux environnementaux et sociaux créent-ils des risques ou des opportunités pour votre activité ? Pour le digital, cela peut inclure le risque de réglementation sur la publicité ciblée, le coût croissant de l'énergie pour les datacenters, ou la pression des clients et investisseurs sur les engagements carbone.
Ce double angle a une implication pratique pour les équipes marketing : la donnée carbone n'est plus seulement un indicateur RSE. Elle devient un indicateur de risque financier et de gouvernance. Ce changement de statut est ce qui justifie son intégration dans les tableaux de bord opérationnels.
Un reporting CSRD sur le digital digne de ce nom requiert plusieurs niveaux de données.
Impressions par levier et par plateforme, volumes d'envoi email, trafic web, budgets alloués par canal. Ces données existent déjà dans vos outils. Il faut les extraire et les consolider.
Associer chaque volume d'activité à un facteur d'émission sourcé et daté. C'est le coeur de la méthodologie, et ce qui rend le reporting auditable.
Organiser les émissions calculées selon les catégories du Scope 3 pertinentes. La catégorie 1 pour les achats de services numériques est la plus courante.
Documenter les hypothèses, les référentiels utilisés, les dates de mise à jour des facteurs d'émission. Un auditeur externe doit pouvoir reconstituer le calcul.
Le risque principal n'est pas d'avoir une empreinte trop haute. C'est de ne pas avoir de données traçables. Un chiffre sans documentation n'a pas de valeur dans un reporting CSRD.
Carbalytics produit une mesure carbone structurée pour les besoins du reporting CSRD.
La collecte porte sur les leviers digitaux actifs de votre organisation : campagnes media, site web, emails, hébergement. Les données sont extraites depuis vos outils existants, sans installation technique requise.
L'analyse applique les référentiels NégaOctet, ADEME et Greenspector pour calculer l'empreinte par levier, par format et par plateforme. Les facteurs d'émission utilisés sont documentés et sourcés dans chaque rapport.
La restitution livre les données structurées selon les catégories Scope 3 pertinentes, avec les hypothèses documentées et les recommandations de réduction priorisées. Le format est conçu pour s'intégrer directement dans votre rapport de durabilité ou dans l'outil de votre cabinet RSE.
Carbalytics structure la mesure carbone de vos activités digitales selon les exigences du Scope 3. On commence par un cadrage de 30 minutes.